Placebo fait son effet

Placebo donnait hier soir à Lille leur second concert en 5 jours, ce qui poussera Brian Molko à lancer je trouve qu’on passe beaucoup de temps à Lille ces derniers temps.

Cette fois j’ai eu la chance de trouver des billets. Je dis bien de la chance car la salle était comble, quelques chanceux s’arracheront les dernières places libres quelques minutes avant le début du concert.

La bonne surprise

J’avais bien vu sur le billet la mention « Première partie: Skin ». Je m’étais fait la réflexion que c’était rare que le groupe ouvrant pour la tête d’affiche soit mentionné nommément mais j’avais beau cherché, Skin ça ne me disait rien. La seule chose en relation avec la musique qui me venait à l’esprit était le surnom de la chanteuse de Skunk Anansie. Bingo ! Renseignements pris, Skunk Anansie s’est séparé en 2001 et sa chanteuse a monté un projet solo qui porte son surnom: Skin.

Au final ça donne un gros son, des chansons sympas mais pas inoubliables et une voix toujours aussi agréable, qui sait se faire suave avant de rugir comme un ours mal léché. Bref une première partie somme toute nettement au dessus de la moyenne.

Entrée des artistes

Après un long entract meublé en partie par un début de malaise de ma douce, ce qu’elle ne ferait pas pour me divertir, Placebo arrive sur scène. Le public est conquis d’avance mais le groupe se lance malgré tout comme une furie dans le morceau instrumental qui ouvre leur dernier album. Le décor est posé.

Parlons en du décor justement et de la mise en scène. Le mot qui me vient comme ça est grandiose, le second serait cisellé. « Grandiose » à cause de la démesure des effets de lumière, de l’écran sur lequel étaient projetés des images et autres films très bien fait et « cisellé » car tout cela fleurait bon l’artisanat appliqué, le travail fait avec coeur et dévotion. Loin de noyer la verve et le spleen de Placebo, cette mise en scène leur apporte une résonnance, une profondeur supplémentaire.

Au niveau musical on notera la petite forme de Brian Molko qui l’expliquera lui même par une petite gueule de bois duê à un super concert et une grosse soirée la veille à Paris. Concert qui devrait faire l’objet d’une parution en DVD de sources officieuses.

Cependant cette petite forme n’a pas empêché le trio d’interpréter avec fougue des morceaux de leur répertoire tant récent (This picture, English Summer Rain, Special Needs) que de leurs albums précédents (Pure Morning, Taste In Men, Every You Every Me). Une mention spéciale à un The Bitter End de furie avec une guitare de Brian Molko accérée comme rarement. Que du bonheur.

Quant aux anecdotes de ce concert, par où commencer ? Par l’échange d’instruments constant entre les musiciens (Brian jouera de la guitare et du clavier, Stephan de la basse, de la guitare et du clavier sans parlé du musicien additionnel qui jouait lui aussi tour à tour de la basse, de la guitare ou du clavier), du titre chanté quasiment intégalement en Français, du Français quasi parfait justement de Brian Molko.

Non, je vais vous parler du fléau qui sévit de nos jours dans la musique : la gamine prépubère. A ce concert elles avaient troqué le fameux « Patriiiiiiick » pour un « Briaaaaaaan » plus de circonstance mais le résultat était le même: sourires entendus des jeunes adultes, yeux au ciel des plus anciens. Heureusement le mur de guitares que cisellait avec amour le groupe couvrait largement ces couinements exaspérants sauf, et là ce fut vraiment navrant, lors d’un morceau très doux, rempli d’émotion, où elles ne trouvèrent pas mieux au lieu de profiter de l’ambiance que d’hurler à l’unisson « Briaaaaaaaaaaaaaan ». Attérant mais tellement dans l’air du temps. Brian Molko sembla désappointé puis déçu mais ne fit pas de commentaire. Les plus cyniques diront que quand on fait des tubes il faut assumer, c’est le public qui choisi ses idôles et non l’inverse même si des fois ça doit faire mal au ventre. Kurt j’ai une pensée pour toi à cet instant, tu as tellement souffert de ça.

Ma miss fera un second malaise peu avant le rappel qui nous permettra de visiter l’infirmerie et de faire connaissance avec les charmants secouristes de la Croix Rouge Française. Un grand merci à eux pour leur gentilesse et leur prévenance.

Nous réintégrerons finalement la salle pour les dernières chansons du concert et le trop court rappel unique, heureusement terminé en apothéose par un Where Is My Mind des Pixies superbe.

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