Discrimination positive

La célèbre école Sciences Po réserve depuis quelques années un certain nombre de places à des élèves issus de ZEP car le concours classique d’entrée ne leur permet pas d’avoir accès à cette école. Cette pratique est appellé discrimination positive. Outre le côté très malsain de cette expression, ce qui me dérange c’est que de l’aveu même des dirigeants de Sciences Po, ces élèves réussissent aussi bien que les autres. Une question se pose alors : s’ils sont à même de suivre aussi bien que ceux qui sont admissibles par le concours classique, pourquoi doivent-ils passer un concours séparé ?

Au lieu de faire une discrimination soit-disant positive, ce qui ne retire rien à son côté discriminatoire et stigmatisant soit dit en passant, pourquoi ne pas changer un concours viblement mal conçu ?

A moins bien sûr que ces 2 concours soit destinés à ménager la susceptibilité des élites qui refuseraient de voir des prolétaires concourir avec leur progéniture…

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5 réponses à Discrimination positive

  1. drou dit :

    Si j’ai bien compris ce que m’a expliqu? une ancienne ?l?ve de Sciences PO, les ?l?ves issus de ZEP sont potentiellement aussi dou?s que les autres. La diff?rence ?tant qu’ils ne sont pas plac?s dans les m?mes conditions de r?ussite car beaucoup d’entre eux venant de familles d?favori?es doivent travailler ? c?t? de leurs cours pour subvenir ? leurs besoins et cuex de leurs familles.
    Un concours sp?cifique me para?t d’autant plus justifi? qu’il me semblent qu’un certain nombre de jeunes issus de ZEP ne tenteraient m?me pas le concours g?n?ral classique d’entr?e ? Sciences Po si ils ne savaient pas qu’ils pouvaient b?n?ficier d’un soutien tout au long de leur cursus au sein de cet ?tablissement prestigieux…
    Pour finir, je rappelle ?galement que les ?l?ves issus de ZEP ne d?m?nagent en g?n?ral pas souvent de leur banlieue d’habitation et doivent se "taper" les transports en commun tous les jours, chose que les ?lites situ?s dans tout arrondissement proche des locaux de la rue des saint p?res n’ont pas ? faire.
    Bref, je r?sume mon sentiment en une phrase : oui ? une proc?dure de soutiens aux jeunes brillants mais d?favoris?s.
    En revanche, j’admets que le terme de discrimination positive est ? double tranchant.

  2. Djamel-73 dit :

    CONTRE LES CITOYENS DE DEUXIEME CATEGORIE

    Par Djamel Keriche, président d?AIJIIR. aijiir.communication@yahoo.fr

    « Ah, vous vous exprimez bien, sans accent. Ça fait longtemps que vous vivez en France ? » demande un médecin à une étudiante de 22 ans, Française, née et habitante en France. Mais voilà, Fatima est noire. Et le racisme ordinaire et les préjugés ne sont pas toujours de mauvaise foi. Du fait des habitudes mais également par manque chronique de volonté politique et de fraternité on a laissé s?enfoncer les immigrés dans une deuxième catégorie. En France, parmi nos mythes fondateurs, il y a celui de l?égalité républicaine devant la loi « sans distinction d?origine, de race ou de religion » comme l?indique l?article premier de la Constitution. Toutefois la mise en place de la parité homme-femme respecta ce principe : il s?agit d?une inégalité temporaire destiné à rétablir l?équilibre.

    Notre modèle républicain et social est basé sur la méritocratie. Pour que celui-ci se réalise, que seul le mérite individuel distingue les citoyens, il faut qu?au préalable tous soient sur la même ligne de départ. Or, cette égalité des chances n?est que théorique ; il faut apporter des corrections à la société pour rétablir l?égalité. Or, si l?égalité (les mêmes droits et devoirs pour tous) est un but, l?équité (permettre à tous de disposer d?autant, corriger les inégalités) est un moyen : les discriminations positives, quand elles sont provisoires sont un moyen privilégié pour retrouver l?égalité. Aujourd?hui, la quantité et la diversité des discriminations et les ressentiments entretenus font qu?il est trop tard pour se contenter de solutions homéopathiques. A trente ans d?incurie et d?échecs, il n?y a pas de remèdes miracles, mais des solutions. L?une d?elles, au côté de la lutte contre le racisme, de l?éducation à la fraternité, de la politique du logement, est le rééquilibrage républicain : compenser la discrimination par un coup de pouce de la société.

    D?abord la mise en place du rééquilibrage républicain aura un impact positif pour l?image de la jeunesse des banlieues, qui sera pour une fois ni décriée ni écartée mais mise en avant en exemplarité. Ensuite, ce procédé temporaire permettra de relancer l?ascenseur social, de tenter de sortir d?une manière apaisée du problème, et par le haut. Enfin, ce rééquilibrage républicain aura une forte portée intégrante, en accélérant l?intégration des jeunes discriminés à la société française par le monde du travail. L?intégration économique est la plus viable, la plus pérenne et efficace.

    Alors on rétorque qu?il y a risque de stigmatisation. Mais ce système n?est qu?un accélérateur pour retrouver l?égalité, et pas une redistribution des emplois en France par quotas ou couleur. Il faudra que ce système soit régulé pour éviter tout dépassement : on peut imaginer des filtres : origine extra-communautaire des parents, lieu d?habitation, et accord de la personne… Ce système doit ne doit avoir qu?une durée dans le temps. Un tel faisceau de conditions permet de respecter notre tradition d?égalité républicaine et de rééquilibrer.

    Souvent, ce sont les défauts et déviances du système américain d?affirmative action qui sont mis en avant. Il ne faut pas oublier qu?aujourd?hui se sont les excès d?un système qui perdure dans le temps qui créent de nouveaux problèmes. Et qu?aux USA une génération métissée est aujourd?hui aux différents postes de responsabilités. Le rééquilibrage républicain tel que nous le proposons n?a qu?une vocation temporaire et curative. Il s?agit de rééquilibrer, de mettre en avant, pas d?imposer des quotas définitifs et permanents par race.

    Aujourd?hui, vingt ans après la marche des beurs, il faut rétablir l?équilibre entre citoyens. Le rééquilibrage républicain en est un moyen. En le mettant vite en place, les effets seront rapidement perceptibles. Car chaque jour qui passe aggrave les inégalités.

  3. nightfire dit :

    Tout à fait d’accord avec vous Mr Keriche.
    Je rajouterai ceci :
    Refuser une politique de descrimination positive (appellons là comme ça et tout le monde sais de quoi il s’agit) c’est refuser de donner un peu de soit pour plus d’égalité (le blanc a peur du lendemain, a peur qu’en donnant un peu au noir ou au beur défavorisé par leurs origines il se voit dépouiller de son poste de travail au chaud).
    Pourquoi refusons nous de parler de blancs et de non-blancs en france ? c’est pourtant un critère presque décisif lors d’entretien d’embauches. (vous connaissez le rapport 1/5 ?)

  4. JMF dit :

    Si je suis d’accord avec vous sur le problème, nos avis divergent sur la solution. Je suis fortement opposé au principe des quotas que ça soit pour les personnes d’origine étrangères, les femmes ou encore les artistes Français à la radio.

    Instaurer des quotas est l’aveux même que l’éducation et le bon sens ont échoués. C’est comme envoyer des CRS contre des manifestant. C’est la preuve que le système a échoué.

    J’espère que nous ne sommes pas encore arrivés à ce point.

  5. PATRICK dit :

    La discrimination dite "positive" est tout simplement un insulte au mérite et une forme ordinaire de discrimination. Il me paraît évident que cette proposition actuelle ne correspond qu’a de la démagogie menée dans un but bassement électorale pour tenter de récupérer des électeurs de gauche dans les cités. Elle est déjà appliquée d’une certaine façon depuis longue date au niveau des examens dont les copies devraient être corrigés au niveau régional… Il y aurait alors des surprises. Les diplômes reprendraient alors leur rôle de "référence" qu?il ont perdus….

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