Gimp 2

Après avoir concurrencé les sharewares et autres freewares, les logiciels libres s’attaquent désormais aux gros logiciels propriétaires. Dans le domaine de la bureautique OpenOffice semble en bonne voie pour prendre des parts de marché à la suite Office de Microsoft. De même Mozilla converti peu à peu les utilisateurs d’Internet Explorer à sa cause. On pourrait multiplier les exemples (PHP, MySQL, Apache, DBDesigner etc.) mais il reste un domaine où la suprématie d’un logiciel propriétaire est indubitable. Il s’agit de l’infographie où Photoshop règne sans partage. Il faut avouer que ce quasi monopole est justifié par des qualités indéniables.

Seulement cette qualité et ce foisonnement de fonctionnalités coûte cher. Très cher même. Une telle dépense ne se justifiant que pour des professionnels, quelle alternative reste-t-il aux particuliers, aux associations et aux artistes fauchés ? Il y a bien Paint Shop Pro qui tente de se placer sur ce créneau mais pour l’avoir longtemps utilisé je sais qu’il ne fait pas du tout le poids face à Photoshop même s’il présente de réelles qualités.

C’est face à ce constat assez pessimiste que j’ai trouvé Gimp. Ce logiciel a pour vocation d’être le Photoshop du libre. Je l’avais testé en version 1 et s’il était prometteur, il était loin de mériter ce qualificatif. Dernièrement est sortie la version 2 et là je dois avouer que j’ai profondément révisé mon jugement.

Voici donc mon modeste retour d’expérience sur Gimp 2.0.0 sur Windows.

Installation

Comme beaucoup de logiciels libres, Gimp est disponible pour différentes plateformes dont Linux, Mac et Windows. Pour l’installer, c’est très simple. Il suffit de récupérer l’installeur de GTK+ 2 (Gimp l’utilise pour son interface graphique), de l’installer puis d’en faire de même avec Gimp. Premier lancement et premier plantage. Un petit tour par la FAQ m’apprendra que la cause était une mauvaise version de la librairie iconv.dll dans le chemin système. Second lancement et second plantage. Cette fois encore, j’en trouve la cause dans la FAQ mais par contre je trouve la solution plutôt gênante. En fait la présence de la police ProFont dans le système fait planter Gimp et la seule solution proposée est de supprimer cette police. Voilà qui est gênant car si on l’a installé c’est qu’on souhaite l’utiliser. A noter que la présence de la police Sheldon provoque le même plantage mais n’est pas indiqué dans la FAQ.

Une fois ces 2 problèmes résolus, Gimp se lance sans difficulté.

Prise en main

Pour les habitués de Photoshop, on ne se sent pas trop dépaysé par l’interface car elle est assez similaire à celle du produit d’Adobe. En parcourant les menus ont a la même impression.

En revanche il y a quelque chose que je trouve extrêment agacant, c’est la méthode de gestion des fenêtres. Contrairement à la plupart des éditeurs graphiques, Gimp n’affiche pas les images ouvertes en tant que fenêtres filles de l’application mais dans des fenêtres indépendantes. Ce qui fait que quand on minimise la fenêtre principale, elle est la seule à l’être et non pas toutes les fenêtres de l’application comme on pourrait s’y attendre. Ce comportement est sans doute un héritage de Linux mais je le trouve vraiment dommage.

Dans le même registre les dialogues d’ouverture et de sauvegarde de fichier n’ont rien à voir avec les dialogues standard de Windows. Malheureusement cette différence n’est pas justifiée par une meilleure ergonomie, bien au contraire.

Les filtres et leur classement sont assez similaires à ceux de Photoshop. Un inconvénient tout de même la plupart des plugins ne permettent pas la prévisualisation en temps réel. En revanche il faut souligner l’extraordinaire ouverture de Gimp dans ce domaine. Il est en effet possible de développer des plugins à l’aide de différents languages (C, Perl, Pyhton, Shell). On trouve donc une pléthore de plugins pour étendre les possibilités de ce logiciel.

On trouve même dans Gimp des fonctionnalités qui manquent cruellement à Photoshop comme un outil de mesure de distances et d’angles sur une image.

Un logiciel pas (encore) adapté aux besoins du Web

J’ai clairement été impressioné par cette nouvelle version de Gimp mais malheureusement le temps du basculement définitif n’est pas encore venu pour moi. Les raisons sont au nombre de trois : effets de calques, tranches et exportation pour le Web. Ces fonctionnalités que j’utilise 90% du temps ne sont pas disponibles dans Gimp.

Il existe bien un plugin pour similer les effets de calques mais la version est ancienne et ne semble pas maintenue. De plus elle est incompatible avec Gimp 2 et les effets de calques des fichiers PSD. Pour les tranches, il y a la fonction Guillotine mais celle-ci est très loin de se comporter comme les tranches de Photoshop. Enfin pour l’exportation pour le Web, Gimp est loin d’offrir le confort du module dédié de Photoshop.

Conclusion

Gimp est un excellent logiciel qui est vraiment un exemple de ce que peut donner le logiciel libre. Il est disponible pour toutes les grandes plateformes, il est traduit en de nombreuses langues et offre plus de fonctionnalités que nombre d’éditeurs graphiques payants. Cependant dans sa version actuelle, ses fonctionnalités sont encore beaucoup trop axées sur la retouche photographique pour répondre aux besoins de graphistes Web. Espérons que cela changera avec une prochaine version ou avec le développement de plugins dédiés.

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