Mon quart d’heure utopique

Durant mon parcours scolaire, avant d’étudier l’informatique j’ai passé un bac économique dont il me reste quelques connaissances. J’y ai notamment appris que l’Homme, au niveau macro-économique, est incapable de choisir un produit sur un autre critère que son prix.

Quand on regarde l’éventail des produits offerts à la vente, on s’aperçoit très rapidement que les produits respectueux de l’environnement sont généralement un peu, voire beaucoup, plus chers que ceux qui ne le sont pas. Pourquoi cela ? Parce que ces derniers utilisent souvent des pesticides, des produits chimiques, des métaux lourds ou des méthodes de production très polluantes très afin de limiter les pertes lors de la production. Le combat semble donc perdu d’avance car le consommateur allant au moins cher, les produits « propres » n’ont aucune chance de prendre des parts de marché significatives aux produits « sales ».

Que faire alors ? Se résigner et espérer que ses arrières-petits enfants n’auront qu’une paire de bras ? Pourquoi ne pas plutôt partir de ce constat économique puisqu’il est (encore plus) utopique de le modifier et en faire la base d’un nouveau système où le prix d’un produit inclurait les coûts environnementaux induits (production, utilisation, élimination) ?

Ainsi, on rééquilibrerait les choses et les produits « propres » serait de fait plus compétitifs que les autres. Le consommateur n’aurait donc pas à être militant pour les plébisciter. Un peu de bon sens serait suffisant pour les préférer.

J’ai conscience tout ceci est un brin utopiste mais après tout il suffit d’une volonté politique pour que ça change. Le coût environnementaux des produits « sales » n’est pas supporté par les consommateurs mais elle l’est par la communauté au sens large et donc par tous, même si c’est de manière détournée. Alors pourquoi ne pas le faire de manière plus transparente et rationnelle ? A moins que cela ne dérange des industriels jamais avares quand il s’agit de financer une campagne électorale …

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11 réponses à Mon quart d’heure utopique

  1. Greg dit :

    Malheureusement Jean-Marc, et ça ne se voit pas en économie, l’homme est aussi quelque peu astigmate dès qu’on parle de vision économique à long terme.

    Ca va de notre Dobeuliou d’outre Atlantique, qui ne veut pas ratifier le protocole de Kyoto car il rendrait la sacro-sainte industrie américaine moins compétitive, à un de mes meilleurs potes, qui s’est foutu de ma gueule parce que je me suis énervé quand il laissait couler l’eau en se brossant les dents en me rétorquant "M’en branle, j’la paye pas".

    Triste hein ?!

  2. Piou2fois dit :

    Pour rentrer dans ton domaine JMF, imagine si toutes les boites d’informatiques (et autres) de France éteignait toutes les imprimantes, ordinateurs (sauf serveurs bien sur) la nuit, après la journée de boulot ; l’économie d’énergie serait énorme je pense.
    Ensuite imagine si tous les emballages cartons inutiles des yahourts et autres mets emballés étaient supprimés (perso dès que je rentre chez moi je vire ces cartons dans ma poubelle…recyclable)
    Je ne suis plus un grand buveur de lait, mais auparavant, jamais un seul emballage de lait, on allait avec ma mère chez le fermier directement avec notre pot à lait. Aujourd’hui carton obligatoire.

    Sinon niveau prix, je rêve d’un emballage sur lequel est écrit les marges successives des intervenants, avec les coûts divers :
    -transport
    -stockage
    -transformation
    -…
    On verrait que sur certains produits, les producteurs se font entuber méchant.

  3. JMF dit :

    Greg, Piou2fois> Je partage tout à fait votre point de vue même si mon approche est un peu différente.

  4. Tetert dit :

    Sur ce terrain, la France est tres en retard. Si on compare avec des pays nordiques comme la Finlande ou la Suede, qui sont ecolos au possible sans pour autant sacrifier a la productivite, on se demande ce qu’on attend…

    Effectivement, la volonte politique peut etre determinante dans ce cas, mais c’est plus une volonte populaire qui va manquer a mon avis.

  5. Piou2fois dit :

    L’exemple flagrant actuel c’est la fréquence de changement de portable (téléphone). Les promos sont tellement atractives que les gens changent de portable limite plus souvent que de caleçon, et bien sur jette l’ancien. Pourtant le but est le même : téléphoner. Perso je ne change de GSM que lorsque l’ancien est défaillant, pas pour avoir un truc plus mieux 🙂 (pareil pour mes pcs, 3ème en 10ans seulement)

  6. Olivier G. dit :

    "J’y ai notamment appris que l’Homme, au niveau macro-économique, est incapable de choisir un produit sur un autre critère que son prix."

    Ah bon, l’IPod est le lecteur MP3 le moins cher du Marché ?
    Ah bon, Windows est l’OS le moins cher du Marché ?

    Etc…

    Celé étant dit, je suis prêt à suivre tes expliations ou tes liens…

  7. JMF dit :

    Olivier G.> Comme pour toute règle il y a des exceptions surtout en économie où l’on s’attache à théoriser seulement les grands mouvements pour plus de commodité.

    L’Homme de manière générale choisit le produit le moins cher sans se soucier de l’environnement ou des droits de l’Homme mais encore faut-il qu’il ait le choix.

    Windows est un produit auquel la plupart des consommateurs ne peut trouver d’alternative car soit il n’en connait pas (merci le marketing et les pratiques commerciales douteuses), soit elles demandent un bagage technologique trop important.

    Quant à l’iPod, c’est un phénomène que je ne m’explique pas. Apple n’était pas le premier sur ce marché et ses produits sont très chers pour les prestations offertes. Je tenterais d’expliquer cela par une campagne marketing bien menée et une cible avide de nouveautés et plutôt aisée.

  8. Vincent dit :

    Je sais bien que "la critique est facile", mais je pense qu’il est temps de ne plus considérer les propos de ce professeur d’économie comme parole d’évangile.

    L’économie est une science humaine — au même titre que la philosophie — et les idées sont donc loin d’être arrêtées.

    Ton professeur semble de la vieille école, celle qui tant à considérer le consommateur comme un abruti fini. Or depuis quelques années, il y a de nombreux exemples qui prouvent que les gens ne réfléchissent pas forcément avec leur porte-monnaie, en tout cas en ne considérant pas que l’impact direct d’une acquisition.

    L’idée que le consommateur n’utilise que le concept de prix pour choisir un produit, c’est tout simplement oublier le concept même d’investissement. Si je donne de l’argent, c’est contre quelque chose qui va améliorer ma vie…

    Dans le cas de l’iPod, je pense que le succès vient tout simplement du fait que ce produit est mieux que les autres… Oui son prix est élevé et les fonctionnalités parfois en retard sur la concurrence, mais en plus d’avoir un lecteur MP3, on acquière :

    – la simplicité (simple = gain de temps) ;
    – la beauté (beau = valorisation personnelle) ;
    – la limitation du choix (acheter uniquement Apple = réduction du choix = gain de temps).

    Tous ces paramètres doivent être pris en compte lorsqu’on développe un produit. Et cela explique souvent le succès de nouveaux produits qui ne répondent pas forcément aux critère actuels de qualité.

    On découvre bien sûr tous les jours de nouveaux critères de qualité et c’est ce qui fait qu’il est toujours possible pour un nouveau produit d’être plus intéressant que ces concurrents malgré un retard sur d’autres points.

  9. JMF dit :

    Vincent> Tout d’abord, il ne faut pas oublier que mes études d’économie datent de plus de 10 ans. 😉

    Cependant, je ne pense pas que l’exemple que tu cites soit représentatif. Encore une fois, une théorie économique n’est bien entendu jamais vraie à 100%. Mais je reste persuadé que celle-ci reste (malheureusement) vraie pour la plupart des gens.

    Il n’y a qu’à regarder le pourcentage de gens qui achètent les derniers gadgets à la mode qui sont bien entendu conçus et produits en Asie mais qui en même temps se lamentent de la délocalisation d’entreprises vers ces mêmes pays.

    Il y a quelques années il y a eu une campagne de publicité relativement ringuarde mais qui pointait du doigt une réalité économique : "nos emplettes sont nos emplois". Malheureusement, le message n’est visiblement pas passé.

    Je reconnais que le prix n’est pas le seul critère, même s’il reste le principal. La publicité et la mode (qui n’est rien qu’un outil marketing plus déguisé) ont une forte influence sur le consommateur mais j’ai bien peur que cela ne signifie pas que ce dernier soit intelligent, au contraire.

    Enfin, pour revenir à ton exemple je trouve que l’iPod est surévalué et bien trop cher. Le marketing d’Apple a fait du bon travail mais cela n’en fait pas un bon produit à mes yeux.

  10. Vincent dit :

    Je suis d’accord avec toi que certains critères ne sont pas encore considérés comme des critères de qualité.

    Comme tu le dis, le respect des droits de l’homme dans le pays producteur, le niveau de vie de la population du pays producteur ou encore le respect de l’environnement ne sont pas encore des critères de choix d’un produit.

    Et j’avoue même que ce sont rarement des critères de choix pour ma propre consommation. Deux illustrations de ce qui m’est récemment arrivé dans un supermarché…

    Je dois renouveler ma bouteille d’huile d’olive (j’adore les tomates à la mozarella baignées dans l’huile d’olive ^^), mais le choix d’huile d’olive dans le Carrefour où je fais mes courses est incroyable ! Il doit y avoir au moins 20 marques différentes.

    Incapable de juger correctement de la qualité d’une huile d’olive, je m’en remet au critère du prix pour choisir… Impossible ! Elles sont quasiment toutes au même prix, à quelques centimes près, je ne suis pas à ça pour un achat effectué quelques fois par an.

    Finalement, j’ai choisi une huile avec un label commerce équitable, non pas parce que je souhaite sauver le monde, mais parce que c’est un critère qui m’a permis de réduire mon choix.

    Ensuite, je dois renouveller mon stock de pâte à tartiner (pas de marque ?) dont je fais une consommation abusive ! Il ne m’a pas fallu 3 heures de réfléxion pour charger dans mon cadis le plus gros pot de Nutella (ah si, une marque).

    Je suis accro, j’adore ça et je n’ai pas envie de changer. Aujourd’hui, l’achat de la marque Nutella me donne entière satisfaction et ce serait une absurdité que de remettre en cause ce choix pour me retaper l’épisode de l’huile d’olive devant les pots de pâtes à tartiner.

    Pour décrypter un peu tout ça, je dirais que l’homme a souvent beaucoup de choix à faire. Le choix est toujours quelque chose de difficile et les gens les éviteront toujours. Bien souvent, pour simplifier un choix, nous avons des critères : le budget, l’éthique, le temps. Ces critères sont fonction de la politique actuelle et il est très complexe de les modifier. Par exemple aujourd’hui, le pouvoir d’achat est faible donc le budget est un critère fort.

    Mais une fois que le choix est fait, il est très couteux de le remettre en cause. C’est un fait bien connu des professionnels du marketing. Ils abusent souvent de stratagèmes pour obliger les consommateurs à modifier leur choix (offres promotionnels, nouveaux labels dont le commerce équitable) mais cela nécessite de gros moyens.

    Pour que les produits propres deviennent majoritaires, il faudrait que l’environnement deviennent un critère fort pour les consommateurs. Comment faire ? Je ne sais pas… Je pense que ça relève plus de la psychologie qu’autre chose… Mais ça ne se fera en tout cas pas en obligeant les consommateurs…

  11. Vincent dit :

    Désolé pour le long commentaire, j’oublie d’ajouter un lien expliquant cette séparation forte entre décision d’acheter et décision de continuer d’acheter :

    37signals.com/svn/archive…

    C’est appliqué aux logiciels, tu devrais donc être dans ton élément toi aussi. Mais je pense sincèrement que cette idée est applicable à n’importe quel produit.

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